Mémoire d'une tombe

Mémoire d’une tombe est une performance scénique mêlant danse, théâtre rituel, musique live, texte projeté et installation. Le projet propose une traversée politique, spirituelle et sensible des questions de mémoire, d’oppression et de renaissance collective sur le continent africain et dans ses diasporas.

Inspirée du roman-épopée de Tiburce Koffi, la performance ne cherche pas à adapter l’œuvre littéraire, mais à l’incarner scéniquement, en faisant du corps, de la voix et du rituel des lieux de réveil des consciences.

Mémoire d’une tombe est d’abord né d’une rencontre.

Fleur

Togo, Janvier 2026

San ko mwen ka volè

Le générateur, Paris 2026

Fleur

Dans la performance, cette narration se matérialise par un rituel : souffle amplifié, musique saturée, chant libérateur, convulsions dansées entre classique et traditionnel Bélè. Les voix, échos colonial se déforme et devient bruit spectral. Le sang d’hibiscus est versé, répandu sur un cœur enfuie dans la terre nwarsè dans un geste de renaissance. Le corps entre s’annime jusqu’à devenir zonbi. La scénographie porte ce récit : une structure dont le centre est un tambour, fragile et vibrant, des faux cœurs comme organes artificiels, un vase brisé étant la trace d’une explosion de mémoire. Une projection dessinée déploie l’espace, reliant le geste performatif à l’univers graphique de ma nouvelle. La performance fait dialoguer le corps vivant, l’objet sculptural et l’image projetée, en y intégrant les voix de ma famille, entre Antilles, banlieue et Togo. San Ko mwen ka volè est un espace où passé et futur s’embrasent, où l’assimilation et la non-transmission deviennent matière poétique, historique et intime.

C’est une tentative de reconstitution : inventer une mémoire qui n’a pas été transmise, faire du corps un lieu d’archive et de futur horizontal.

C’est l’utopie de ma dystopie.

Prise de vue : Bernard Bousquet Thibaut Paris Techniciens son lumière : Vincent Vey et Remi Woodall

Moi, j’ai perdu la mémoire. Mes parents aussi ont porté ce silence : une mère qui ne dit pas, un père effacé par l’assimilation. Je viens d’une histoire fragmentée, antillaise, où la transmission s’est brisée, où la mémoire coloniale a traversé les corps en laissant des absences. Mon travail artistique cherche à faire parler ces silences, à transformer l’oubli en matière de création.

San Ko mwen ka volè est une performance issue d’un univers plus vaste, celui de ma nouvelle éponyme, où une jeune femme caribéenne de troisième génération vit recluse dans un monde post apocalyptique. Elle reçoit les lettres de son père disparu, nettoyeur fantomatique, et traverse un chemin initiatique jusqu’à sa propre transformation en zonbi. Cette figure du zonbi, à la fois héritée de la mémoire caribéenne et réinventée dans un futur imaginaire, est au cœur de mon travail : elle incarne un corps hybride, traversé par le passé mais tendu vers l’avenir. Ce projet a pris forme durant ma résidence de cinq mois à Can Serrat.

Le générateur, Paris, Mars 2026

MI-GNON

RAIFA, Marché Agodesewa Lomé, Mars 2025

Photographies de Enok tsevi

Mì Gnon (ce qui veut dire réveillez-vous) est issut de l'atelier chorégraphique que j'ai pu effectuer au sein de l'association RAFIA. C'est une performance de rue,de danse rituelle contemporaine mêlant Gestes chorégraphiés, voix, peinture, et présence corporelle brute pour provoquer un éveil.

À travers une série de mouvements répétitifs, incantatoires, parfois abrupts, les interprètes convoquent un rituel moderne :une invitation à sortir de la torpeur quotidienne, à réactiver les sens, les émotions, la mémoire du corps. le mot " Mì gnon à la fois doux et ironique, entre en tension avec la dureté parfois Explosive des mouvements, soulignant un besoin de rupture, d'éveil, de rébellion silencieuse.

L'ensemble évoque une transe urbaine une récolte intime, une tentative de communion dans le chao du monde, la rue devient un théâtre de résonance, un lieu de transformation où chacun interprète comme spectateur est appelé à se réveiller.

Fleur Nwarsé

Gran - mè

Festival Inact, Strasbourg, Mai 2025

Le jour où Gran mè Gran est morte, le ciel n’a rien dit.
Il n’a pas pleuré.
Il n’a pas grondé.
Mais une étoile…
une seule…
a clignoté toute la nuit.
Pas comme les autres.
Comme si elle dansait.

J’ai cru que c’était mon imagination.
J’ai cru que c’était juste la tristesse.

Mais quelque chose a commencé à changer.

Pas dehors.
Dedans.

Fleur

Puis une nuit, elle m’est apparue. Gran mè Gran. Mais ce n’était plus elle. Ou plutôt…
c’était plus qu’elle. Elle brillait.
Non pas comme une lumière.
Mais comme une vérité ancienne qu’on aurait trop longtemps cachée.

Photographies de Christophe Basrin

An nou sonjè

Festival Art et mémoire, Kpalimé, Février 2025

Fleur

Performance danse et chant hybride lors du festival Art et Mémoire de Ras Sankara. J'ai choisit de réinterprété la chanson " An nou sonjè 22 mai " de Christophe Frontier pour traduire une corporellement la mémoire diasporique caribéenne/banlieuzarde

Ce que le sable sait

RAIFA,, Lomé, Janvier 2026

Photographies de Enok tsevi

Ce que le sable sait est un atelier de performance collective autour du sable comme matière de mémoire et de transformation que j'ai pu diriger au Togo pour le Festival Festi Forêt d'Afrique en janvier 2026. Par le corps, les gestes et les traces, nous interrogeons ce qui disparaît, ce qui reste, et ce qui revient. Une exploration sensorielle du sable comme persistance dans l’effacement.

Nos corps dans une série de gestes simples et rituels : tracer, s’allonger, marcher, s’enfouir, observer l’effacement. Le sable est à la fois support d’écriture et force d’oubli. La performance sera dans l’ensemble collectives et accompagnées de sons organiques.

Le cadre proposé permet une lecture multiple : spirituelle, écologique, mémorielle. L’atelier se veut non-verbal mais profondément expressif. Il génère des images fortes, des gestes puissants, sans jamais tomber dans la dénonciation frontale. Il s’adresse à toute personne prête à s’engager corporellement dans une démarche sensible et éphémère.

Fleur Nwarsé

Résurgence

Une traversée sensorielle, un cri silencieux ancestral, deviennent peau multiples des territoires en mouvement ou les corps se réinventent.

Réalisation : Kelly chery Prise de vue : Balougo Toga Performeurs : Batiste Matthia Kombate Bante, Kelly Chery Montage vidéo et prises de vues : Kelly Chery

Fleur Nwarsé

Togo, Mars 2024

Val-de-marne, Janvier-avril 2024

Fatrà flé, musique,
Kelly chery, Jean-Gabriel Chery, 2024

Fleur Nwarsé